L’histoire du verre : une histoire vieille de plus de 6 000 ans

Selon l’historien romain Pline (Naturalis Historica, an 77 de notre ère), les premiers hommes à produire du verre furent des marins phéniciens. Avec la chaleur du feu, le sable et la soude se transformèrent en pâte de verre. Les premiers objets utilitaires moulés par les Égyptiens, vers 1490 avant Jésus-Christ, sont des petites bouteilles et des gobelets.

Les Babyloniens inventent le soufflage du verre, en 250 avant Jésus-Christ, consistant à recueillir la matière vitreuse en fusion au bout d’une tige métallique creuse : la canne à souffler. L’artisan fait alors rouler la bulle de verre sur sa table de travail et lui donne enfin une forme symétrique.

Plus tard, les Romains développent l’industrie des bols et petites bouteilles en verre. Ainsi, chez les riches Romains, les tasses en verre remplacent les tasses en métal. Toutefois, ils ne réussiront pas à utiliser le verre pour couvrir leurs fenêtres.

Du xiiie au xviiie siècle

L’effondrement de l’Empire Romain fait disparaître progressivement le développement du verre en Europe.

L’art du verre est redécouvert par les Vénitiens aux XIIIe et XIVe siècles grâce aux contacts qu’ils entretenaient avec les Byzantins qui avaient su préserver leur savoir-faire.

Au XVe siècle, la verrerie anglaise concurrence peu à peu celle des Vénitiens car les Anglais ajoutent des oxydes de plomb dans la composition de base, solidifiant ainsi la structure du produit fini.

Au XVIIe siècle, la première industrie en France est créée. Il faut attendre que Colbert, las des dépenses engagées pour l’importation de miroirs en provenance de Venise, porte son effort sur la fabrication de verre plat. Des verriers de Normandie se mettent donc à l’œuvre pour le compte de la Manufacture Royale des Glaces, mettant au point le procédé de coulée. Le verre est également poncé et poli.

Les verres à fenêtres sont restés rares durant tout le XVIIe et le XVIIIe siècles.

Le xixe et le xxe siècles

Le XIXe siècle marque l’amélioration de la technologie du verre plat. Le prix du verre chute et se démocratise donc dans les maisons. La France, la Belgique et l’Allemagne monopolisent la fabrication des plaques de verre jusqu’à la création, en 1833, de la Pittsburgh Plate Glass Company, première usine américaine.

L’inventeur Pilkington met en place au XXe siècle le procédé du « Float » qui change définitivement la face de l’industrie du verre plat. De nouvelles technologies sont développées pour rendre le verre plus résistant et pour le colorer.

Dans les années 1960, les verriers mondiaux adoptent un procédé inventé par la firme anglaise Pilkington, appelé « Float Glass », consistant à faire flotter à la sortie du four en fusion sur un bain d’étain, en atmosphère contrôlée d’azote et d’hydrogène, un ruban de verre en continu.

Le XXe siècle verra l’apparition de l’art nouveau, l’art déco. De nouveaux matériaux, fibres céramiques, colles, verres spéciaux ont permis l’éclosion de nouvelles techniques (telles l’assemblage et la déformation de plaques de verre dans des fours électriques ou à gaz).

Sa fabrication

Le verre, une fois chauffé et fondu, est débarrassé des bulles gazeuses et homogénéisé dans la zone d’affinage vers 1 350 °C puis progressivement refroidi jusqu’à 1 000 °C environ.

Le verre liquide coule dans un four contenant de l’étain en fusion de grande pureté. L’atmosphère de ce four est réductrice pour éviter l’oxydation du métal.

Le verre moins dense que l’étain « flotte » sur celui-ci et forme un ruban dont l’épaisseur naturelle est de l’ordre de 6 mm. Des dispositifs annexes permettent de limiter ou d’accélérer l’étalement de ce ruban de verre afin d’en maîtriser l’épaisseur et le parallélisme des faces.

Le polissage est dû, pour la face supérieure, à l’action du feu et, pour la face inférieure, au contact verre métal en fusion.

À la sortie du bain d’étain, le verre est à une température de l’ordre de 620 °C. Il est alors suffisamment rigide pour être transporté sur des rouleaux et introduit en continu dans un tunnel de recuisson, appelé « étenderie », dans lequel sa température s’abaisse progressivement vers 250 °C. Pendant ce refroidissement lent, le verre a été libéré de toutes les contraintes internes qui empêcheraient son exploitation future.

Le ruban de verre, qui s’est refroidi lentement à l’air libre, est découpé automatiquement en plateaux de 6 000 × 3 210 mm. Ceux-ci sont manipulés à l’aide de ventouses vers l’aire de stockage et expédiés à l’aide de véhicules spéciaux.

Ce procédé, mis au point par PILKINGTON (UK) dans le courant des années 1960, est actuellement le mode de fabrication du verre le plus utilisé dans le monde.

Ses qualités

Des qualités naturelles inégalées. Le verre est composé de sable (la silice), de calcaire et de carbonate de soude, auxquels on ajoute parfois des compléments divers : stabilisants ou colorants.

C’est un matériau dur et transparent qui, grâce à son pouvoir isolant, résiste particulièrement bien aux agents atmosphériques et chimiques. Le verre supporte le froid et les chaleurs extrêmes, sans se casser ni se dilater.
Sa résistance à des températures supérieures à 1 000 °C le rend très précieux pour la fabrication d’objets exposés à une forte chaleur.

Pur, sain et naturel, il constitue le meilleur emballage pour les produits alimentaires, les produits pharmaceutiques et les parfums (dû à son taux de migration 0 entre le contenant et le contenu). Il protège et est sans effet sur le goût ou l’odeur du produit. Totalement imperméable, il assure une conservation parfaite et de longue durée.

Sa malléabilité à l’état liquide permet une grande diversité de fabrication de pots, bouteilles et flacons. Cette caractéristique favorise la créativité indispensable à la personnalisation des marques et des produits.

Il possède aussi – et ce n’est pas la moindre de ses qualités – la faculté de se recycler indéfiniment et à 100 %. Avec une bouteille usagée, on refait une bouteille neuve en tout point semblable à la précédente et ce cycle peut se reproduire à l’infini.

À l’heure où s’affirme la nécessité de limiter le volume des déchets, cette qualité prend toute sa valeur. Organisé depuis de nombreuses années, le recyclage du verre permet d’extraire des déchets ménagers plus d’un emballage sur deux.